1 – À l’abri des regards, à Labastide-Marnhac (46)

À défaut de trouver une grange à retaper, les propriétaires ont cherché à s’offrir une maison de 200 m2 près de Cahors, où faire cohabiter campagne et intimité. Ils ont fait construire cette bâtisse épurée, massive et fermée, paradoxalement tout ouverte sur l’extérieur. « Par le truchement de patios, des fenêtres qu’on ne voit pas de dehors offrent des vues cadrées sur le paysage boisé environnant », résume Franck Martinez, l’architecte qui l’a conçue (avec Laurent Tournié). Le terrain tout en longueur a permis de créer une clairière entre l’habitation et la route. Elle met à l’abri des regards cette maison en béton lisse à l’extérieur et panneaux de chêne à l’intérieur, qui n’a fait aucun compromis avec les constructions du voisinage. Coût au m2 : 2 000 €. Lauréate du Prix d’architecture de la maison de l’architecture en Midi-Pyrénées.

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2 et 3 – Galet blanc et maison du parc à Montpellier (34)

Alain Gillet cultive l’immaculé ! En même temps que l’Arbre blanc, dont il est le copromoteur (artdeville n° 50), voilà qu’il construit à Montpellier le Galet blanc. Cette fois, il est l’architecte. La commande émane d’un riche homme d’affaires bien connu des Montpelliérains. Le programme comporte l’extension de sa maison, de style anglo-normand, et d’une maison neuve ; la parcelle mesure 2 ha. L’homme d’affaires y logera son fils. L’intention est « d’inscrire une architecture qui affirme une autre histoire. Une réponse forte pour créer un dialogue entre l’ancien et le neuf », explique Alain Gillet.
L’extension de 100 m2 abritera salon et cuisine derrière « un ruban vitré qui permettra une transparence totale, sans assombrir l’existant ». Le toit terrasse ouvrira une continuité pour deux chambres de l’étage. Enfin, le Galet sera posé sur un socle, comme en suspension, pour signifier son caractère précieux.
La maison neuve aura une tout autre allure. Sa façade en pierre naturelle et verre sera largement vitrée « pour gommer la couture » entre le parc très végétalisé et le rez-de-chaussée. Le clou de la maison : des coulissants de 6 m de haut sur des linéaires de 7 m. Ils s’ouvriront en dégageant entièrement l’angle et les trois quarts de la façade. Surface totale : 370 m2 Le permis de construire a été obtenu en octobre 2016. Démarrage de travaux en janvier 2017.

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4 – La maison écologique à Pézenas (34)

Bien intégrée sur les hauts d’une colline à forte pente, cette demeure en ossature bois de 350 m2 habitables, qui domine un lotissement de maisons traditionnelles, surprend. Elle est entièrement écolo avec des toitures toutes végétalisées (sedum de garrigue) pour une bonne inertie thermique. Elle est chauffée à l’énergie solaire, une grande piscine à l’intérieur faisant partie de l’espace de vie, à côté du séjour. L’audace structurelle de cette construction très étirée est aussi dans l’architecture des volumes que soulignent d’amples courbes. Laurent Pelus d’Architecture Environnement qui l’a conçue confie : « Cette architecture organique dans ses formes et dans les matériaux a fait polémique, mais aujourd’hui les gens adhèrent. » Le propriétaire, un charpentier, l’a construite de ses mains, aux trois quarts. Coût au m2 : 1 500 €. 2e prix catégorie grands espaces, 2e prix du public au salon d’Angers.

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5 – Maison sur pilotis, à Sommières (30)

Le terrain de 1 000 m2 où cette maison (150 m2) a pris racine est un ancien fond de carrière de pierre, difficile d’accès et de construction. « Il a fallu forer le rocher pour couler des pilotis en béton avant de poser un plancher, une charpente et une ossature bois, et construire avec quelques murs lourds, une maison dont les différents niveaux ont suivi la configuration des rochers existants », explique Patrick Pelus (Architecture Environnement). L’architecte montpelliérain l’a imaginée en composant aussi avec la végétation qui a poussé sur les rochers. Sous les toitures végétales, les fenêtres et les baies vitrées permettent, comme dans une véranda, de profiter très large- ment des pins et des chênes verts. La piscine intérieure est chauffée comme la maison, grâce à des capteurs solaires. Palmarès du salon bois d’Angers, 1er prix du public.

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6 – Près de Gignac, une maison discrète (34)

Avec ces airs de Méditerranée, cette petite maison (80 m2) est construite sur une toute petite parcelle, dans un village en hauteur sur la vallée de l’Hérault. Elle a été conçue comme une bulle, opaque sur trois côtés pour éviter les vis-à-vis, ouverte au nord, avec vue à 180° sur le paysage. Toute blanche entre deux maisons typiques de bourg héraultais, elle est paradoxa- lement totalement ouverte à l’intérieur. Ses quatre petits volumes identiques en quinconce ont permis de créer des cours et des patios sur lesquels donnent toutes les pièces. « On est dedans et dehors à la fois grâce à un jeu de baies vitrées, et la lumière que cette composition amène est exceptionnelle », détaillent Nadine et Laurent Fayard, les architectes d’Artelabo qui l’ont conçue. « Nous avons déconstruit le pavillon des constructeurs pour faire quelque chose de très différent, tout en reprenant les mêmes matériaux, des briques et des tuiles. » En osant le blanc pour l’abstraction, la modernité et la volonté d’affirmer un caractère méditerranéen. Prix d’architecture 2015 de l’ordre des architectes (LR).

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7 – Autoconstruction à Lavaur (31)

Un très long parallélépipède et deux boîtes vides à l’intérieur ont suffi à diviser subtilement l’espace et à permettre à cette maison de lotissement de sortir du lot. Tant par sa démarche d’autoconstruction qui répondait à des contraintes financières que par sa qualité architecturale. Cette maison contemporaine a été conçue entièrement en bois – ossature, murs, plancher, isolation – avec un bardage métallique thermolaqué gris clair qui lui sert de peau (en façade). Matthieu Palma, l’architecte qui l’a construite de ses mains pour sa sœur, avec deux confrères, confie : « Réduire les coûts en achetant nous-mêmes les matériaux bruts nous a permis d’amener une valeur ajoutée par des tas de petits détails et des finitions haut de gamme. » Soit une maison de 92 m2 avec terrasse de 60 m2 et garage de 36 m2 pour un budget total de 220 000 € terrain et frais de notaire compris. Maison du mois du CAUE Toulouse, sélec- tionnée pour une exposition par « la Maison de l’architecture de Midi- Pyrénées ». Coût au m2 : 800 €.

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8 – Entre les arbres, à Saint-Lys (31)
Le parti pris de cette maison très ouverte (150 m2) est la dispa- rition des limites, entre intérieur et extérieur. Elle a été construite tout en longueur sur une très petite parcelle, avec du bois et des murs en briques peints en noir, toutes ses baies vitrées à galandage entrent dans les murs, les seuils sont encastrés, il n’y a pas de marche. Les revêtements, béton et bardage bois, ont été laissés bruts. Et les arbres qui ont été conservés sont presque dans la maison. « Elle a été évidée par endroits pour en laisser passer certains au milieu de la toiture, et s’immerger le mieux possible dans cette nature, comme une cabane », résume Patrice Cagnasso, son architecte (Ar-Quo architectes). La maison dénote dans un lotissement qui, lui, n’est pas exceptionnel. Prix de revient : 2 000 € le m2. Maison du mois du CAUE Toulouse.

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9 – La maison noire, à Lauzerville (31)
Au milieu d’habitations typiques du Lauragais, face à la mairie, sur une place en haut du village, cette demeure (235 m2) surnommée « la maison noire » est un projet très audacieux. « Les propriétaires voulaient une maison en bois, ils ont de l’ultra-contemporain en béton coffré dans des planches de bois qui en conserve les veinures », décrit l’architecte Patrice Cagnasso. Il l’a conçue comme un « ovni » tant dans les volumes de ses deux blocs superposés que dans ses matériaux – du béton brut au rez-de-chaussée et une imposante ossature bardée d’acier noir au-dessus, perforée côté sud comme un moucharabieh contemporain. La maison pleine de détails iconoclastes tourne le dos au village. L’architecte a su transformer les contraintes d’un terrain à fort dénivelé en atouts : elle est bien encastrée dans le sol. Très fermée côté rue, elle est totalement vitrée au sud avec un jeu de terrasses qui offre à ses propriétaires une place aux premières loges sur les Pyrénées.

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10 – La maison-mirabelle, à Saint-Gély-du-Fesc (34)
Cette maison bien inspirée date de 2004 et est l’œuvre du cabinet d’architectes Pinoli. Ce qui la caractérise tient certes à la vue exceptionnelle à plus de 180° qu’elle offre sur l’horizon, mais pas seulement. Toute la maison a été conçue pour rendre agréa- bles ces vues… y compris subaquatiques (Mirabelle, étymologiquement : belle vue) ! Du sous-sol, on peut en effet admirer les ébats des baigneurs dans la piscine. Quant à la cage d’escalier autour de laquelle se structure la façade sur deux étages, elle ouvre trois perspectives sur l’azur du ciel et sur le village, à travers de hautes fenêtres. Terrasses et balcons complètent l’offre contemplative, tandis que patios ou jardins d’hiver soignent celles sur l’intérieur. Elle dispose d’une cave de sommelier où vos grands crus se bonifieront en toute sérénité. Un rêve que vous pouvez vous offrir pour 995 000 € ;

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