Ilyalongtemps-DanyaHammoud©LaurentPaillier7
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Danseuse, puis chorégraphe pendant près de 30 ans, Muriel Piqué est aujourd’hui artiste-chercheuse, rattachée au Laboratoire de recherche perception, représentation, images, sons, musique, au sein de l’université d’Aix-Marseille. Elle s’intéresse « au corps dansant des spectateurs ». Dans le cadre de ses recherches, artdeville lui ouvre ses colonnes.

 » Dans cette rubrique, je m’interroge sur la trace qu’une œuvre d’art (spectacle, exposition, performance, etc.) peut générer dans le corps de celui qui la regarde, la perçoit, la reçoit… Je recueille donc le témoignage de spectateurs. »

Cette fois, lors du 22e FESTIVAL UZES DANSE – Centre de développement chorégraphique.­

Recueillies in situ, au sortir de deux spectacles, voici quelques paroles choisies de quatre spectatrices-eurs :

Au sujet de « Il y a longtemps que je n’ai pas été aussi calme »

Chorégraphie : Danya Hammoud (Liban), interprétation : Carme Torrent et Danya Hammoud, lumière : Abigaïl Fowler
Synopsis : Lent plongeon en apnée, ce duo féminin dévoile deux corps perdus dans un gouffre infini, deux corps cherchant à rester debout.
Une spectatrice : « Je regarde ce qu’elles font, ce qu’elles disent à travers leur corps, et moi, ça me pose la question du mien : à un moment donné je me suis redressée et j’ai pensé à ma posture. Je me suis dit « tenons-nous ! » Je ne sais pas, il y a quelque chose qui m’a détendu le corps, qui m’a fait prendre conscience de la manière dont je me tenais ! J’ai alors regardé autour de moi… »
Un spectateur : « Ce que j’ai ressenti, c’est la lenteur, l’éloignement, le rapprochement, l’ouverture ; au début la fermeture puis l’ouverture, la recherche de l’autre… C’est ce que j’ai ressenti… Dans le corps. Je ne parle pas d’images mentales… »

Au sujet de « Undated ».

Conception : Martine Pisani ; assistant : Theo Kooijman ; danseurs : Hermann Heisig, Christophe Ives, Theo Kooijman, Eduard Mont de Palol, Elise Olhandéguy, Laurent Pichaud, Tania Pieri, Ludovic Rivière, Lola Rubio, Jean-Baptiste Veyret-Logerias ; lumière : Ludovic Rivière
Synopsis : Martine Pisani se plaît à regarder le plateau avant tout comme  un espace de libertés et de rencontres, sans jugement ni prétention. Ne s’embarrassant pas des artifices et encore moins du virtuose, elle sait habilement laisser transparaître la personnalité, l’humanité bigarrée, de ses interprètes.

Une spectatrice : « Ce sont des attitudes, des mouvements, qui traduisent des situations sociales, abstraites mais on voit très bien ce que ça veut dire socialement. Et comment, eux, ces gens qui sont sur le plateau, les vivent dans leur corps… Ça fait quelque fois énormément rire. Ça provoque de l’hilarité, ça libère : il y avait une jeune fille (dans la salle) qui riait très très fort. Je trouve que ça exacerbe notre capacité de réaction… »
Un spectateur : «Très vite j’ai senti que ce qu’ils proposaient : des traversées, des diagonales, des arrêts sur images, des moments de déséquilibre, me donnait envie d’essayer…  Comment je pourrais, moi, arriver là-dedans et participer. Y a une espèce d’impulsion qui fait que on a envie d’aller les rejoindre…  Ça déclenche quelque chose !  Le groupe est  porteur, je trouve. On a envie d’y aller quoi, en tout cas, moi, j’avais vraiment envie – évidemment, on ne le fait pas, ce n’est pas possible – de rejoindre le plateau…»

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